MASQUE OU LE JOURNAL D'ANNE-SOPHIE (EXTRAIT)
Après le Gabon, Anne-Sophie est au Tchad en pleine épidémie de choléra. EXTRAIT :
Elle écrit :
"Jeudi 06/09/2001 – 22 heures quinze
Si je voulais bien les aider ? Mais j’étais venue là pour cela. Mon enthousiasme est tombé lorsque Sœur Florence, auprès de qui Marie m’a abandonnée, m’a fait pénétrer dans la grande salle
où étaient réunis une partie des enfants et adolescents assis ou allongés à même le sol sur des nattes ou des bâches. Les nouveaux arrivants sont dans un autre bâtiment. Ils y restent une semaine
avant d’être amenés ici. C’est Sœur Marie-Jo, une enfant du pays, qui les accueille, tente de les mettre en confiance et leur explique comme elle peut les raisons de leur présence. J’ai compris
que dans l’humanitaire il ne faut être qu’efficace. La sensiblerie n’a pas sa place dans ce milieu.
J’ai vu des ventres bombés, des tibias et péronés entourés seulement de peau ridée. J’ai vu des côtes saillantes. J’ai vu des yeux purulents, des nez suintants. J’ai vu le dénuement le plus
total. J’ai vu des larmes mais pas de pleurs. J’ai vu des regards interrogateurs. J’ai vu la misère, la faim, la peur."
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par Jean Chabaud
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EXTRAIT :
" Jean-Charles, fatigué par l’effort produit dans la matinée s’était assoupi
dans un transat, sur la terrasse, après un frugal déjeuner composé de restes réchauffés rapidement. Il avait aussi consommé préalablement, ce qui était inhabituel, deux whiskies bien
tassés.
Magali était revenue bénéficier de l’autorisation d’utiliser la piscine. Elle avait constaté que l’écrivain
dormait au soleil et risquait une belle insolation. Tout doucement elle avait rapproché et orienté le parasol qui dispensait maintenant une ombre bienfaisante sur le corps endormi qui commençait
à rosir. Il était quinze heures trente. A ce moment le soleil frappait fort. Jean-Charles esquissa un léger mouvement, tourna la tête et se mit à ronfler doucement. La jeune femme laissa tomber
sa petite robe et descendit sans bruit dans la piscine."
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Chez ALAPAGE
par Jean Chabaud
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Le père d'Anne-Sophie a été enlevé par une Faction Colombienne inconnue.
EXTRAIT de : Masque ou le journal d’Anne Sophie :
'' Vendredi 22/02/2002 – vers 23 heures.
Aujourd’hui j’ai connu l’angoisse. Celle qui vous pénètre au fond de vous-même. Celle qui vous paralyse. Celle qui fracture votre bonheur en mille morceaux. Le nœud du lien tissé
durant des années avec Maman commençait à se desserrer. J’entrevoyais un bonheur possible et patatras tout s’écroule. J’ai eu la gorge nouée toute la journée. A certains moments je ressentais un
vide total en moi, à d’autres j’avais envie de mordre. Le monde est devenu fou. Les gens sont méchants, lâches. Ils méprisent l’autre. Ils méprisent la vie, la leur et celle des autres. Ils sont
devenus fainéants. Ils ne cherchent que l’argent facile : le vol, la rançon. Je ne comprends pas les comportements de ces êtres à l’égard d’autres personnes humaines. J’ai la haine !
J’ai la haine ! J’ai la haine ! ''
par Jean Chabaud
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Mercredi 26 septembre 2007
MASQUE OU LE JOURNAL D'ANNE-SOPHIE (Extrait)
" Il s’était présenté comme un adepte de la « philosophie de la lenteur »
- Qui consiste ? avait questionné Anne-Sophie
- Ma
devise est la suivante : « tu es arrivé » ce qui veut dire : fais ce que tu as à faire dans l’instant, fais le bien et ne penses pas à ce que tu as à faire après ou ce que tu
as fait hier. Vis ici et maintenant. Hier, c’est fini. Demain est un autre jour. Lorsque nous cessons de courir, nous pouvons prendre de temps d’observer, d’écouter. Je ne cours pas, exposez-moi
le problème, avait-il conclu en s’asseyant sur un coin de canapé. "
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par Jean Chabaud
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