Présentation de livres et de lectures
L'HISTOIRE :
Sur son lit d’hôpital un jeune garçon, d’une douzaine d’années, reçoit la visite d’un vieil homme. L’adulte lui propose de venir lui tenir compagnie et de lui lire des contes. Le garçonnet refuse de l’entendre. Il va mourir. Une maladie orpheline incurable. Il n’a plus d’avenir alors les contes qui font rêver les enfants…
Le vieil homme n’insiste pas mais avant de repartir dit qu’il peut parler de n’importe quel sujet ou seulement écouter. L’enfant est pris de court. Il se ravise rappelle l’adulte. Il aimerait que celui-ci lui raconte une vie, sa vie.
Ainsi le contact s’établit. 22 visites auront lieu. A la demande du garçon, l’homme racontera SA VIE.
Peu à peu en observant le garçonnet il a une réelle prémunition. Quelque chose va se passer. Quelque chose de très important. C’est sûr, il va relever le défi mais est-ce bien le défi auquel s’attend le jeune garçon ?
Le dessein secret du vieil homme est-il seulement d’accompagner cet enfant apparemment en fin de vie ?
EXTRAIT :
« ‑ Tu vas bientôt partir ? Questionne l’enfant.
‑ Eh ! Oui, comme d’habitude, lui répond l’adulte.
‑ Avant, pourrais-tu m’expliquer pourquoi j’ai chaud quand tu es là ?
‑ Mais la température est toujours très élevée dans ta chambre. Je pense même que le thermostat de la chaudière de l’hôpital ajoute deux ou trois degrés à ce qu’on lui demande.
‑ Je ne parlais pas de ça. J’ai chaud dedans quand tu es là. Ce n’est pas ma peau qui est plus chaude qu’à d’autres moments. C’est comme si c’était dans ma tête ou plutôt dans mes rêves.
‑ Je vois ce dont il s’agit.
‑ Alors dis-moi, vite.
‑ C’est parce que je te parle de mes conquêtes féminines.
‑ N’importe quoi, papi. Je suis trop jeune, tu le sais bien. C’est vrai que j’aime bien P’tite Instit mais il y a des jours où tu n’en parles pas et j’ai chaud quand même et c’est comme si j’étais toi. Ma tête pense ton histoire.
‑ Alors, ce doit être ma présence qui te fait chaud au cœur. C’est certainement parce qu’il y a entre nous une forte dose d’amitié.
‑ Et toi, as-tu chaud ?
‑ Oh ! Moi, malgré la forte température de la pièce, j’ai froid. De plus en plus froid. Touche mes mains.
Le vieil homme tend ses mains. Le garçon constate.
‑ Tes doigts sont complètement glacés et ils sont tout blancs. Donne-moi tes mains. Je vais te les réchauffer un peu. Tu n’as pas de dose d’amitié ?
‑ Oh ! Que si ! Elle est au fond de moi mais mon corps n’a plus que des réactions de vieil homme. Le cœur n’a plus la force d’envoyer le sang jusqu’à mes extrémités. Et puis, tu m’obliges à faire de gros efforts de mémoire. Mon cerveau demande à être suralimenté. Il dit au cœur de lui envoyer un maximum de carburant et ce, au détriment des doigts.
‑ C’est vrai, ça ?
‑ Qui sait ?
‑ Et ça ne peut pas s’arranger ? Les médecins ne peuvent pas de donner des piqures ou des cachets ?
‑ Oh ! Je ne le demande pas. J’ai horreur des piqures. En fait, je ne le souhaite pas. J’ai vécu pleinement, sans problème majeur de santé. Je veux mourir serein. Je ne veux pas que l’on me tripote. Je ne veux pas que l’on me branche comme une vieille machine et je ne veux surtout pas devenir une usine à produits chimiques. Le destin, qui a tracé ma route jusque là, saura à quel moment je devrais prendre la bifurcation pour ailleurs.
‑ Si c’est ton choix….
‑ C’est mon choix. »
Commentaire d'une lectrice :
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" J'ai beaucoup aimé "Raconte moi la vie".
Article publié dans la Gazette Marandaise N° 337 (juillet-août 2010)